jeudi 3 mai 2012

"Pendant un instant on est nu les uns devant les autres, nus face à l'acte et au mystère de la mort. À cet instant, je sens que je regarde quelque chose que je ne peux tout à fait voir, mais qui me regarde. C'est dans cet échange que l'on peut éprouver ce qui est à la fois universel et profondément intime. Dans la mort de l'autre, il y a une perte qui nous appartient à tous".

© Paolo Pellegrin
C'est le texte qui a achevé de me convaincre que je ne pouvais pas repartir de la MEP sans le livre Paolo Pellegrin aux éditions Photo Poche...
Bon, en fait j'étais déjà sûr en voyant l'exposition qu'acheter un livre de cet homme-là s'apparentait à un acte citoyen. Je me suis rarement pris le photojournalisme dans la face avec tant de violence. 
Je n'ai certes pas posté la photo qui représente le mieux l'ensemble de ce que j'ai vu cette après-midi. 
Je feuilletais donc les premières pages de ce petit livre, et je tombe dans la préface sur cette fameuse question qui revient souvent à propos des photos des reporters, sur la beauté de leurs images, et le sens de cette beauté. Car oui, on peut trouver quelque chose de sale à dire d'une photo montrant l'inhumain qu'elle est belle. Mais je crois que la violence vient de là aussi. Je me suis retrouvé devant les très beaux clichés de Pellegrin et j'étais scié. Parce que la beauté des images sert la violence du propos je crois. Elle l'accompagne et le porte à son paroxysme, qui ne peut être que dérangeant. Les deux s'accompagnent. Et si le but d'une photo qui dénonce est de faire  passer une émotion, de déranger, on ne peut que mettre son talent et son art au service du sujet.  

Paolo Pellegrin, à la Mep jusqu'au 17 juin...

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